C'est un soir de défaite, c'est un soir de colère.
En donnant majoritairement leur voix à Nicolas Sarkozy, nos concitoyens n'ont pas seulement reconduit au pouvoir ceux, qui depuis 2002, s'acharnent à créer toujours plus de chaos social.
Ils ont aussi scellé le destin d'un pays qui, sous l'impulsion de l'UMP, va subir les assauts d'une idéologie contre-révolutionnaire, nostalgique et réac. Face au pari du changement, c'est bien les fantasmes d'un vieux monde qui ont triomphé.
Durant ces mois de campagne, les peurs l'ont emporté sur les espérances, les mensonges ont étouffé les engagements, les réflexes ont masqué les raisonnements. Bref, les aspirations au progrès n'ont pas supporté la concurrence de la réaction.
L'imposture sarkozyste
Et pourtant... Nous savions en rentrant en campagne contre le candidat de l'UMP que celui-ci portait en lui deux faiblesses.
Il était l'homme d'une majorité au pouvoir, il inspirait des craintes et une dangerosité. Pour ne pas avoir à défendre son bilan, Nicolas Sarkozy a inventé sa rupture. Pour ne plus susciter d'inquiétudes, il s'est fait rassurant. La « rupture tranquille » était une imposture. Mais le stratagème s'est imposé aux Français, aidé par la dictature médiatique de l'instant et l'absence de mémoire.
Peu importe la réalité des actes et du passé. Dans cette élection, l'illusion a supplanté l'action. Et Nicolas Sarkozy, l'ami des dominants, s'est fait le porte-voix du changement pendant que la Gauche revêtait, malgré elle, les habits de l'archaisme et du risque.
Dans ce moment de défaite, les seuls regrets que nous pouvons formulés se situent ici. Dans cette incapacité de la gauche à renvoyer la droite à sa vraie nature.
En menant campagne frontalement contre Nicolas Sarkozy, en tentant de démasquer l'imposture, nous étions dans le juste. Mais nous n'avons pas été capables de nous faire suffisamment entendre.
De mai 68 à mai 2007
En prônant dans ces derniers meetings la liquidation l'héritage de mai 68, Nicolas Sarkozy ne s'est pas seulement essayé à un effet de tribune. C'est bien le retour à un vieux monde, celui de l'ORTF et de la rigidité morale, qui nous attend désormais.
L'Histoire peut ainsi être cruelle. C'est précisément cette génération qui avait su porter un souffle nouveau sur la société française qui - quarante ans plus tard - bouffée par les remords et la culpabilisation de ce qu'elle est devenue, s'essaie à effacer les souvenirs et les acquis de sa jeunesse.
Les jeunes puérils des rues de la Sorbonne du printemps 68 sont ainsi devenus les vieux cons de notre époque. Ceux qui affichaient sur les murs « il est interdit d'interdire » se sont faits les chantres de la moralité et du retour aux valeurs.
La victoire de Nicolas Sarkozy doit beaucoup à Alain Finkielkraut, à André Glucksmann, à Houellebecq et à tant d'autres. Etrange clins d'oeil de l'Histoire : Les jeunes révolutionnaires d'hier sont devenus les néo réactionnaires d'aujourd'hui.
La France d'avant 68, c'était le pays d'une hégémonie politique inébranlable, d'une oligarchie économique triomphante, d'une coercition médiatique assumée, d'une société civile cadenassée.
Au plus profond de lui, Nicolas Sarkozy entend revenir à cette époque dorée où la gauche s'était réfugiée dans un monde et des cultures alternatives, incapable d'aspirer au pouvoir.
Et le risque est grand, dans ce lendemain de défaite, de voir les forces de progrès se diluer dans une dynamique minoritaire où les réformistes et les radicaux marcheront séparément.
Inventer un champ du possible
A l'avant-garde de l'opposition à Nicolas Sarkozy lors de cette élection présidentielle, nous ne lâcherons pas prise. Les élections législatives se profilent déjà et tout doit être fait pour éviter une concentration plus forte encore des pouvoirs dans les mains de l'UMP.
Le combat AntiSarko continue donc pour nous. Il est une nécessité démocratique et une obligation politique. Et dès à présent, nous appelons l'ensemble des forces de progrès - associations, partis et syndicats à se fédérer dans un même collectif pour assurer la riposte sociale et citoyenne aux réformes qui seront, dès demain, imposées par Nicolas Sarkozy.
Notre mouvement s'impliquera de toutes ces forces dans ce travail de « veille » républicaine et s'efforcera de fédérer tous ceux qui veulent s'y engager.
Mais au-delà, nous savons que l'enjeu principal est celui de la refondation de la Gauche.
Nous ne parlons pas ici des accords d'appareil et des nouvelles configurations partisanes qui seront certainement brandies par les uns et les autres. La tâche qui nous attend est plus grande encore.
Dans ce monde tourmenté, dans cette société anxieuse, nous croyons que la gauche française a une responsabilité historique. Elle a le devoir de façonner une alternative moderne, crédible et ambitieuse qui ne se limite pas à la conservation des acquis ni ne se résigne à l'accompagnement du néo-libéralisme.
Ce chantier est immense, nous le savons. Il devra se heurter à la réticence de ceux qui, par réflexes identitaires, préférerons la division de la gauche à l'union nécessaire. Il devra dépasser les facilités de ceux qui voudront limiter cette refondation à de simples changements de logos ou à des annonces de nouvelles coalitions.
Comme nous l'écrivions dans le Manifeste du mouvement RéSo, plus que jamais « nous croyons au progrès par la réforme. Il ne s'agit plus de vivre 1789, 1917 ou 1968 par procuration, il ne s'agit pas non plus de sacrifier notre idéal par facilité d'adaptation, mais bien de partir du réel pour changer la société ».
Dans ce monde dérégulé et forts de notre vécu, nous sommes ainsi convaincus que la réponse politique de la gauche devra être internationaliste et européenne, réformiste dans la méthode et radicale dans les ambitions.
Un nouveau champ du possible est donc à inventer.
A notre génération d'en dessiner les contours.
A elle de se mettre en mouvement plutôt que de rester dans l'inaction, à elle de se faire entendre plutôt que de se réfugier dans le silence.
A elle de courir vers les victoires de demain, plutôt que de se laisser assommer par les défaites du présent.
A elle d'agir, avant que le vieux monde ne nous étouffe.
Publié par Nikored63 à 22:05:12 dans Au temps des cerises... | Commentaires (1) | Permaliens
Publié par Nikored63 à 23:18:42 dans Au temps des cerises... | Commentaires (1) | Permaliens

Plus que quelques semaines avant de connaître le nouveau locataire du palais de l'Elysée et déjà les candidats rivalisent de démagogie pour réunir autour d'eux les voix de citoyens dont ils n'auront que faire une fois installés au sommet de l'État.
Comme une tâche infâme sur notre Histoire et notre drapeau républicain, la droite et l'extrême droite, dont Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen sont les principales figures de proue, n'hésitent plus à souiller les principes de notre République sociale et laïque.
Remettant en cause jusqu'aux fondements de notre pacte républicain, les deux candidats s'attaquent ouvertement à notre timide système de protection sociale et de redistribution des richesses, affirmant avec verve vouloir libéraliser le marché du travail, revenir sur le système des retraites et s'attaquer au CDI.
Candidat de la haine et du communautarisme, Nicolas Sarkozy nous propose une société sécuritaire digne de George Orwell sans pouvoir présenter un bilan digne de ce nom depuis sa nomination au gouvernement en 2002.
Rouage d'un gouvernement U.M.P responsable depuis 2002 de la casse de nos services publics, de la privatisation incontrôlée du patrimoine de l'État, de l'explosion du communautarisme...Nicolas Sarkozy ne peut se présenter comme le candidat de la rupture.
Remis en cause jusque dans les élections internes de la police nationale, et témoin de la débandade électorale perpétuelle de son parti, Nicolas Sarkozy n'est pas non plus le candidat populaire que les médias ou les sondages veulent bien nous montrer.
Enfin homme responsable de la montée du communautarisme, diabolisant une partie de la population et critiquant la laïcité française, Nicolas Sarkozy n'est pas un candidat républicain !
Face à lui, le Parti Socialiste, plus désuni que jamais et se relevant péniblement de deux grands échecs historiques (élection présidentielle de 2002, référendum sur le traité constitutionnel européen), nous présente une Ségolène Royal affaiblie par une campagne désastreuse et la division de ses troupes.
N'ayant pas fait le constat de la déroute de 2002, la candidate socialiste « drague» ouvertement les électeurs de centre droit, et se présente comme la nouvelle égérie de la sociale-démocratie libérale.
S'éloignant allégrement des propositions de son parti, fermant la porte à tout rapprochement avec le peuple de la gauche radicale et se positionnant comme la candidate la plus à droite que n'à jamais présenté le Parti Socialiste, Ségolène Royal s'expose au risque de voir l'électorat de gauche traditionnel basculer dans un vote contestataire centriste ou extrémiste !
Un vote contestataire centriste ? Oui vous avez bien lu ! Aussi étrange que cela puisse paraître, la candidat de l'U.D.F François Bayrou apparaît pour certains électeurs comme une solution révolutionnaire aux problèmes de la France, comme un vote contestataire face au sectarisme sécuritaire de Nicolas Sarkozy et à la dérive libérale de Ségolène Royal.
Mais comment le candidat centriste, libéral et pro-européen pourrait récupérer les voix d'un peuple de gauche hostile à la déréglementation des marchés ?
Car oui le « phénomène Bayrou » n'est qu'une bulle médiatique qui ne peut qu'exploser à la vision des faits politiques de cet homme de pouvoir.
Depuis 1997, les votes du candidat et de son groupe parlementaire éclairent la réalité de son ancrage idéologique. François Bayrou c'est le député qui vote contre le PACS le 13 octobre 1998, c'est l'homme politique qui soutient Nicolas Sarkozy en 2006 sur la loi sur l'immigration, c'est le libéral qui vote en 2003 pour la réforme des retraites et pour la Loi Sarkozy sur la sécurité intérieure.
Alors de quelle France M. Bayrou est-il le porte drapeau ? Sans aucun doute de celle qui se retrouve dans le programme de l'U.D.F, dans l'instauration d'un service garanti en cas de grève, dans le renforcement de la législation de l'immigration... rien de bien révolutionnaire !
Et qu'en est-il de son appel à l'union nationale gauche-droite autour de sa personne ? Finalement en observant le positionnement de l'U.D.F lorsqu'elle se retrouve aux responsabilités on sait avec qui il se retrouvera : dans tous les conseils généraux détenus par le parti de François Bayrou, les élus U.D.F gouvernent exclusivement avec l'U.M.P (Calvados, Loir-et-Cher, Mayenne, Pyrénées-Atlantiques...) !
Alors peuple de gauche ne te trompe pas bulletin !
Si notre culture humaniste et républicaine nous ordonne de faire barrage aux fascistes et aux idées communautaires et sécuritaires, faisant ainsi de la lutte contre Nicolas Sarkozy notre priorité, n'oublions pas qu'il nous faut nous offrir la possibilité de voter à gauche au second tour, une possibilité que ne nous offre pas François Bayrou...
Publié par Nikored63 à 16:29:32 dans Au temps des cerises... | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Nikored63 à 11:12:00 dans Au temps des cerises... | Commentaires (2) | Permaliens

Port d'attache de tous les historiens auvergnats en exil, la Faculté de Gergovia, phare de la contestation et de l'agitation intellectuelle clermontoise, réunit en son sein une population très hétéroclite.
La véritable richesse au sein de ces murs ce ne sont pas les cours poussiéreux des normaliens mais bien ces débats passionnés, fruits des élucubrations de quelques étudiants en rupture d'amphi !
Jeune éxilé saint-sandolien, je m'interrogeai à la sortie de terminale sur ce monde étrange qu'est celui de l'enseignement supérieur... entre anarchie administrative et immensité physique ! Rien ne vaut une expérience en vase clos dans cet univers pour se faire une idée...
Alors oui il est vrai que la Fac c'est le vestibule de l'A.N.P.E mais pas encore pour tout le monde... à toi de surmonter le rythme de travail extravagant !
La Faculté c'est aussi un enrichissement intellectuel sans précédant dans le cursus scolaire, un lieu où la moindre rencontre devient un souvenir impérissable, le temple de la construction de soi par l'intellect...
Au beau milieu de cette Agora à ciel ouvert, quelques orateurs attirent ton attention... des camarades puis des amis, des personnes qui te rendent le voyage de la License beaucoup plus agréable !
Cela serait ici trop long de tous les citer, et si les portraits de Benjamin, Sophonie, Alexis et François éclairent désormais mon blog je n'oublie pas ceux dont je n'ai pas la photo sous la main... Flox, Rémi, Romain et tous les autres (non non je ne veux pas citer tout l'amphi de L2 d'Histoire ;)...).
De bien belles rencontres, de bien belles amitiés... ne dit-on pas : "L'amitié est un joyau si rare ici bas que seul le coeur peut lui servir d'écrin" !
Publié par Nikored63 à 22:47:54 dans Chronique de Fac... | Commentaires (12) | Permaliens
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